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La communication féline pour débutants

Au fil du temps, vos domestiqués sont devenus plus ou moins experts en communication avec vous : vous avez mutuellement appris à décoder votre langage verbal et non-verbal, et à interpréter plusieurs signaux donnés simultanément.
feline communication
Nous nous adressons aux humains non domestiqués, ainsi qu’aux futurs domestiqués. Imaginez que vous croisez un chat dans la rue, ou chez quelqu’un. Ce chat vous regarde, ou pas. Il émet des sons, ou pas. Il se tient d’une certaine manière.

Comment comprendre un chat (niveau débutant) ?

Ecoutez : si le chat grogne ou feule, mieux vaut ne pas l’approcher !

Regardez : regardez les yeux, la position des oreilles, et la queue du chat : un expert en communication féline aura des informations très subtiles en combinant ces trois informations, mais un débutant pourra déjà comprendre en gros le message de base.

angry cat

By Hannibal Poenaru from near Paris, France (flickr.com) [CC BY-SA 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons

Yeux

  • paupières mi-closes : confort
  • paupières écarquillées et pupilles dilatées : agressivité ou crainte
  • regard fixe : attention !

Oreilles

  • redressées vers l’avant : intérêt
  • rabattues vers l’arrière : menace ou crainte (oreilles basses)
  • rabattues de côté, comme un avion : colère

Queue

  • non hérissée, verticale, rectiligne (extrémité recourbée ou non) : accueil amical, contentement
  • non hérissée, horizontale : intérêt, curiosité, neutre
  • hérissée, verticale, rectiligne : agressivité
  • hérissée, basse, rectiligne : peur
  • rabattue contre les pattes ou sous le ventre : inquiétude, peur
  • mouvement de l’extrémité : petit agacement
  • mouvement rapide : excitation
  • mouvement saccadé : grand agacement

Bien sûr, la communication féline est beaucoup plus élaborée : notre posture, nos mimiques, nos déplacements, tous ces autres éléments donnent également des informations aux humains qui peuvent les comprendre. Nous le répétons, ce que nous vous avons présenté ici représente le B-A-BA de la communication féline pour humain débutant. Nous avons volontairement laissé de côté plusieurs signaux visuels et acoustiques que la majorité des domestiqués savent reconnaître.
feline communication
Entre nous, entre chats, nous communiquons aussi énormément par messages chimiques : dépôts d’urine ou de crottes, sécrétions de nos glandes déposées dans l’environnement, ou encore sécrétions et odeurs qui diffusent directement de nous. Cette forme de langage reste cependant inaccessible aux humains : ils n’ont pas l’odorat assez développé, et leur organe voméro-nasal est vestigial depuis très longtemps. En d’autres termes, ils sont sous-équipés !

Comment se développe le comportement du chat ?

Tout comme le bébé humain, le chaton n’est pas encore « fini » à la naissance : il dépend entièrement de sa mère (ou d’un substitut maternel), et doit encore se développer physiquement et mentalement. Il continuera d’ailleurs d’évoluer tout au long de sa vie. Saviez-vous par exemple que même un chat âgé peut encore apprendre des choses ?

Durant certaines courtes phases du développement du chaton, des apprentissages propres à chaque période seront facilités. En dehors de ces phases, ces apprentissages ne pourront que difficilement se faire, ou alors seront imparfaits. Il est donc crucial de ne pas manquer ces étapes : nous vous en parlerons plus en détail dans un prochain article.

Comment se développe le comportement du chat ?

Chaque chat a son caractère et des comportements qui lui sont propres, mais tous les chats partagent certains comportements propres à l’espèce « chat ».

Plusieurs comportements sont présents dès la naissance : certains dureront toute la vie (par exemple bailler), alors que d’autres disparaitront plus tard (par exemple le réflexe de succion).
D’autres comportements apparaitront plus tard : certains dureront toute la vie (par exemple le marquage urinaire), d’autres pourront disparaitre (par exemple la crainte de l’être humain).

Inné ou acquis ?

Les réflexes comme le réflexe de succion ou la locomotion sont innés, mais la majorité des comportements est principalement acquise. Les caractéristiques d’un race en matière de comportement sont plutôt le fruit du choix des éleveurs quant à leurs reproducteurs, et la transmission génétique joue ici un rôle moins important que l’environnement. En revanche, les caractéristiques physiques du chat (taille, couleur, forme des oreilles, longueur des poils, …) sont très fortement sous l’influence de la génétique.

Mon chat peut-il oublier certains comportements ?

Oui : les apprentissages réalisés par habituation ou par socialisation avec d’autres espèces doivent être entretenus tout au long de la vie du chat.

L’habituation consiste à être fréquemment confronté de manière progressive, répétée, et positive à des situations, bruits, stimulations visuelles, …, afin de développer sa capacité d’adaptation à vivre dans des environnements divers. Un renforcement positif encourage le chat à refaire (ou pas) une action en fonction du résultat obtenu (attention, friandise, …).

Une grande partie des apprentissages par habituation se fait entre la 2ème et la 9ème semaine de vie (principalement entre la 3ème et la 7ème semaine), mais c’est aussi par habituation qu’on peut apprendre quelque chose à un chat adulte : le comportement désiré sera chaque fois renforcé par une récompense.

Cette manière de faire peut être utilisée pour habituer le chat à un objet qui le fait réagir (aspirateur par exemple), mais attention ! Si vous allez trop vite, si vous contraignez votre chat, vous obtiendrez le résultat inverse : votre chat aura des réactions exacerbées, sera encore plus effrayé, et pourra même se montrer agressif. C’est ce qu’on appelle la sensibilisation.

La période propice à l’apprentissage des «espèces amies» est la même que celle pour l’habituation : entre la 2ème et la 9ème semaine de vie (principalement entre la 3ème et la 7ème semaine). Durant cette phase, le chaton apprend à devenir l’ami des humains, mais aussi d’autres espèces s’il y en a dans son environnement (chiens, lapins, …).

A nouveau, une confrontation fréquente, répétée, et progressive faite d’interactions positives avec toutes sortes de personnes (ou d’espèces) permettra par la suite une bonne cohabitation avec ces personnes ou ces espèces (et l’absence de prédation). Une grande variété d’humains est en tout cas nécessaire pour obtenir un chat bien dans ses coussinets : enfants de tous âges, personnes âgées, hommes, femmes, avec ou sans lunettes, avec une canne ou un fauteuil roulant, …

Cette capacité à reconnaître les «espèces amies» peut être développée par la suite, mais c’est beaucoup plus long, beaucoup plus difficile, voire parfois impossible pour certains chats.

Les mamans chats et les domestiqués chez qui les chats naissent ont donc une grande responsabilité sur leur bien-être futur ! Et quand vous aurez lu notre article sur le développement du chaton (à venir), vous comprendrez aussi mieux notre admiration sans borne pour les humains qui s’occupent de chatons orphelins.

Sources :
Philippe Bocion «Le développement du comportement du chat» (cours)
Valérie Dramard «Le comportement du chat» (livre)

Qu’est-ce qu’un chat ?

Claire a suivi samedi une formation donnée par Colette Pillonel, vétérinaire comportementaliste, et organisée par Philippe Bocion, également vétérinaire comportementaliste. Qui est le chat ? D’où vient-il ? Comment vit-il ? Quels sont ses besoins ? Pourquoi ?

C’était passionnant ! Voici en bref quelques points de cette présentation :

Arbre généalogique

Les carnivores actuels (loup, chien, renard, chat, tigre, lynx, ours, loutre, belette, blaireau, raton-laveur, genette, civette, hyène, …) ont tous un lointain ancêtre commun : le Miacidae, petit carnivore primitif qui vivait il y a 60 millions d’années. Incroyable, n’est-ce pas ?
Les premiers chats sauvages, ancêtres du chat domestique, apparaissent il y a 2 millions d’années.
Le chat « domestique » apparait il y a 10’000 ans ; son ancêtre est le chat sauvage d’Afrique. Il semblerait que le chat se soit domestiqué tout seul, et que l’humain et lui aient trouvé un bénéfice mutuel à cette cohabitation.

Domestication

Ce processus implique une détention contrôlée, l’élevage, la suppression ou la maîtrise de certains comportements considérés comme indésirables (fuite ou agressivité), le contrôle des comportements sexuels, le dressage, la possibilité de manipuler l’animal, de communiquer avec lui, et la maîtrise de sa force.
Nous ne répondons pas à tous ces critères, et tous les chats domestiques ne sont pas au même stade de ce processus : 15% d’entre eux sont même résistants à toute manipulation : le chat sauvage n’est pas loin !
Les chats de race (excepté les croisements expérimentaux récents avec des félins sauvages, interdits en Suisse) sont souvent mieux domestiqués que leurs cousins de gouttière, puisque les éleveurs sélectionnent les « meilleurs » individus pour se reproduire.
the wildcat is not far

Anatomie

Nous sommes bien plus performants que les humains : nous voyons de jour comme de nuit, nous percevons les ultrasons, notre odorat est 14x plus développé, notre sens de l’équilibre est ultra performant (sauf quand nous dormons), nos poils tactiles sont sensibles au moindre souffle d’air, et nous communiquons par messages chimiques (phéromones).

Besoins

Chasser, jouer, grimper, manger, boire, éliminer, faire sa toilette, dormir : ça semble simple, n’est-ce pas ? La Protection Suisse des Animaux vous donne des détails ici.
Un chat peut être parfaitement heureux en appartement, pour autant que son environnement réponde à TOUS ses besoins. Il faut donc adapter l’environnement au chat, et pas l’inverse…
it is thus necessary to adapt the environment to the cat, and not the opposite

Société

Le chat est un solitaire qui peut être sociable. Il n’y a pas vraiment de hiérarchie chez les chats, mais plutôt un certain sens de l’opportunité : celui qui arrive en premier, qui est placé le plus haut, qui se trouve au meilleur endroit, ou encore qui saura être le plus curieux dans une circonstance donnée aura l’avantage.

Territoire et horaire

Le chat est territorial, et suit une organisation du temps ritualisée. Chaque partie de son territoire a une fonction bien particulière ; cela dépend aussi du moment de la journée. Toute modification de son organisation spatiale ou temporelle est en général très stressante pour le chat.

Bon à savoir

Les comportements indésirables apparaissent quand les besoins du chat ne sont pas respectés. Si tous les futurs propriétaires de chat se renseignaient en détail sur nos besoins, et sur les différentes manières d’y répondre, il n’y aurait quasi plus de chats abandonnés…
home sweet home